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Emmanuelle Genevois-Joly (Traducteur)
ISBN : 2253154385
Éditeur : Le Livre de Poche (05/02/2003)

Note moyenne : 4.2/5 (sur P Cher oRétro Vente gt; Pas Max Air amp; PremiumFemme Nike 1 rdBCexo 252 notes)
Résumé :
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, un groupe de prisonniers italiens libérés par les Russes entame une longue marche de plusieurs mois pour rejoindre leur terre natale. " Accompagnés " par l'Armée rouge dans une réjouissante pagaille, se retrouvent pêle-mêle héros et traîtres, paysans et voleurs, savants et nomades : autant d'hommes qui redécouvrent, émerveillés, la vie, le monde, la forêt, les filles, sans oublier l'art du trafic pour subsister....
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
27 mars 2019
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Janvier 45, parmi les rescapés d'Auschwitz libérés par les Russes, huit cents italiens rentrent au pays, une épopée de dix mois qui, sous la plume délicieuse, pleine de finesse et d'humour de Primo Levi, devient une suite d'anecdotes des plus cocasses, un récit jubilatoire, mais également instructif, passionnant!
Au camp de transit polonais de Katowice avec son capitaine Egorov à l'accoutrement excentrique, 'Le Grec' lui apprend les trafics en tout genre.
Un incompréhensible transport ferroviaire les ramène au nord, la Maison Rouge de Staryje Doroghi, la négociation des six assiettes contre la poule qu'ils n'arrivent pas à mimer, les invraisemblables spectacles de théâtre et cinéma, l'infirmière Irina distribuant parcimonieusement le savon à la file d'hommes nus à l'entrée du sauna, l'extraction du gigantesque maréchal Timochenko hors de sa fiat 500, ....
Aelinel 16 janvier 2017
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C'est un ami passionné par Primo Levi qui m'a offert ce livre. Il m'avait déjà conseillé au préalable, un autre de ses ouvrages les plus connus, Si c'est un homme. Je l'avais débuté mais je l'avais laissé inachevé.
En 1943, Primo Levi est arrêté par la milice fasciste pour des faits de résistance, dans le Val d'Aoste. Reconnu Juif italien, il sera détenu au camp de Fossoli, près de Modène avant d'être déporté au camp d'Auschwitz, en Pologne, à partir de février 1944, puis à Monowitz, un camp auxiliaire du premier. Son livre,

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Si c'est un homme rapporte les évènements liés à sa détention jusqu'à sa libération du camp par les Russes, en janvier 1945. La Trêve est donc la suite et raconte les longues pérégrinations de Primo Levi, à travers l'Europe avant son retour, à Turin, seulement en octobre 1945.
Avoir lu la Trêve après Si c'est un Homme n'est donc pas très logique car les faits se déroulent chronologiquement après. Cela ne m'a, néanmoins, pas gêné outre mesure car j'avais déjà lu des témoignages sur les conditions de détention dans des camps de concentration. En revanche, je ne connaissais strictement rien sur les conditions de retour des survivants.
Primo Levi a écrit La Trêve des années après son retour, en 1961-1962. Il possède donc une certaine distance par rapport aux évènements qui se sont déroulés, dix-sept ans plus tôt. Mais, je dois dire que j'ai adoré son style d'écriture d'une grande finesse : sa plume est constamment teintée d'humour et d'ironie. Il a le don de croquer ses compagnons de route en les rendant tantôt attachants, tantôt détestables mais toujours aussi profondément humains.
Le témoignage de l'auteur est également très émouvant : en tant que lectrice, je n'ai pu m'empêcher de ressentir de l'empathie pour le narrateur, au travers des épreuves qu'il a dû surmonter pour enfin retourner en Italie. Mais, je dois bien avouer que le récit de Primo Levi m'a aussi fait sourire de nombreuses fois car l'auteur n'hésite pas non plus à s'accorder la part belle. En effet, s'il apparaît honnête et intègre au regard de ses camarades, ces derniers peu scrupuleux mais débrouillards, sont beaucoup plus versés dans les combines de vol ou d'escroquerie pour survivre. Je pense ainsi au Grec, Mordo Nahum ou son compatriote Cesare.
En conclusion, La Trêve de P Cher oRétro Vente gt; Pas Max Air amp; PremiumFemme Nike 1 rdBCexoPrimo Levi est un récit aussi poignant que teinté d'humour. Il est intéressant dans le sens où peu de témoignage sur cette période ne relate les difficiles conditions de retour des survivants dans leur pays d'origine. La plupart s'achève avec la libération des camps comme son ouvrage précédent, Si c'est un homme. Ayant adoré le style d'écriture de l'auteur, je n'hésiterai donc plus à me tourner vers son récit le plus fameux.
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oblo 25 janvier 2019
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On avait quitté Primo Levi dans l'horreur finale de l'univers concentrationnaire : agglutiné avec de nombreux autres malades dans un baraquement ouvert à tous les vents, Levi avait vu les SS détaler devant l'avancée soviétique, laissant là ces hères squelettiques à la merci de l'hiver. Ainsi prenait fin, sans cérémonie ni happy end, une année dans un camp de la mort. D'ailleurs, hormis la présence allemande, rien n'avait vraiment pris fin : les prisonniers vivaient toujours dans des conditions sanitaires atroces, ils avaient toujours froid et faim, ils mourraient toujours, même si la maladie assumait seule cette charge, délaissée par l'oeuvre inhumaine des chambres à gaz et des fours crématoires. le titre, La trêve, évoque d'ailleurs très bien cette notion temporaire de l'arrêt des hostilités. Les Allemands reviendront-ils ? Quelle sera la conduite des Russes à l'égard des prisonniers hagards ? Dans ce matin de janvier 1945, alors que les prisonniers du camp de Buna voient les premiers êtres humains depuis un an (des soldats soviétiques), le jour est aussi brumeux que l'avenir.
La trêve narre cette période incertaine du retour souhaité et finalement accordé en Italie. La guerre est finie (d'ailleurs, elle ne se termine qu'en mai) mais la paix du foyer n'est pas encore retrouvée. Les compagnons de Primo Levi ne sont plus des prisonniers, mais ils ne sont pas encore des hommes libres. Ils vont où les porte la nécessite et où leur enjoint d'aller le commandement soviétique. La trêve, c'est le retour à l'humanité : retour au foyer, à la famille, au pays, retour aussi à l'humanité profonde de ces hommes qui réapprennent à vivre, eux qui survivaient comme des bêtes. L'expérience concentrationnaire fut avant tout celle de la déshumanisation. A moins d'être comme ce Grec, Mordo Nahum, et de considérer que cette expérience ne fut que la preuve la plus tristement éclatante de l'horreur de l'humanité, cette expérience bouleverse et transforme, si elle ne tue pas. Au retour en Italie, Primo Levi évoque cette peur qu'il ressent de devoir à nouveau vivre, travailler, aimer, comme si rien ne s'était passé. Faire comme avant, pester contre les mille désagréments que peut offrir la vie, aimer et fonder un foyer, est-ce encore possible ?
La trêve, c'est aussi neuf mois de voyage. A pied, en train, parfois même dans une charrette tractée par un cheval. La trêve, ce sont les paysages de Pologne (Cracovie, Katowice), d'Ukraine, de Biélorussie, de Roumanie, de Hongrie, d'Autriche, même d'Allemagne, et enfin d'Italie : les plaines infinies d'Ukraine, les marais du Pripet, les villes dévastées (Katowice, Vienne, Munich), les villages perdus et sans noms, les camps de fortune dressés par les Soviétiques pour accueillir ces populations en transit, et ces trains, bénis et maudits, sans toit pour protéger de la pluie, cédant la priorité aux marchandises et aux militaires, se traînant avec lenteur sur les voies ayant survécu aux passages des armées.
Primo Levi reprend, pour La trêve, le même principe narratif qu'il avait adopté dans Si c'est un homme. Il s'agit d'une description minutieuse de tout ce qui a fondé, durant ces neuf mois, la vie quotidienne de ces Italiens, Grecs, Français, Hollandais, même Allemands ou Américains. Seulement ici pointe comme une note de nostalgie ; la période ne fut point heureuse (Primo Levi ne l'écrit pas) mais elle fut une parenthèse temporelle, unique dans la vie d'un homme. Primo Levi a appris, durant tous ces mois, sur une humanité instinctive, généreuse parfois, encore roublarde, cynique, détestable même (l'inique Rovi). La route de Primo Levi croise celle de personnages qu'on croirait fictionnels : le Grec (qui, par sa prestance et sa prétendue omniscience, rappelle Alexis Zorba), Cesare, Leonardo, et tant d'autres, depuis les infirmières russes et polonaises en passant par les militaires soviétiques, au comportement lunatique, et par les adolescents perdus, les femmes roumaines qui ne veulent plus quitter leur pays, et le petit Hurbinek, enfant sans parents ni paroles, mort à 3 ans dans le camp qui l'avait vu naître.
La progression vers l'humanité n'est toutefois pas linéaire. Tout comme le voyage, elle s'interrompt parfois ou paraît régresser. Ainsi la nourriture est-elle distribuée parfois avec abondance, parfois avec parcimonie. La débrouille fait alors le reste : achat aux paysans, troc, vol ou arnaque (ainsi l'anneau de laiton vendu pour de l'or à des paysans ukrainiens). Tout manque, mais tout se trouve, à condition d'agir : plus qu'ailleurs, la société de ces ex-prisonniers des camps trouve à chacun une place bien définie : tel est docteur, tel autre pharmacien ou infirmier (ainsi Primo Levi), tel autre cuisinier ou commerçant. Malgré ce retour aux occupations humaines, il n'en reste pas moins que l'expérience de guerre demeure traumatisante. Celle-ci n'est pourtant pas évoquée en tant que telle, probablement parce que ni Primo Levi, ni ses compagnons d'infortune, n'eurent l'occasion de le faire : les Russes se montrèrent trop inconstants tandis que les Allemands et les Autrichiens semblèrent abasourdis par la défaite et choqués par les destructions de leurs villes. Ainsi le traumatisme devait-il rester en mémoire, à vie : tout comme le numéro tatoué sur l'avant-bras, comme pour dire que la guerre, ainsi que le disait Mordo Nahum, n'est jamais finie : elle est éternelle.
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thisou08 28 septembre 2017
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Je poursuis ma découverte de l'oeuvre de Primo Levi avec
« La Trêve ».
Tous ses livres me touchent au coeur.
Les Allemands en fuite ont récupéré tous les hommes valides et abandonné à leur triste sort malades et mourants.
Arrivent les Russes, leurs libérateurs.
Et là commence un feuilleton "abracadabrantesque"
( dixit Jacques Chirac ).
Les Russes ne leur veulent pas de mal, mais semblent assez indifférents à leur sort.
Leur périple les ballotte d'un endroit à l'autre, sans aucune logique, personne ne leur explique quoi que ce soit.
Ils subissent, encore, et cela pendant 35 longs jours.
Parfois, bien logés, bien nourris, parfois, livrés à eux-même et au système D pour survivre.
C'est le chaos total, la guerre a fait beaucoup de dégâts sur les infrastructures ; ponts, rails, routes etc.
Je suis stupéfaite que l'auteur, après un an dans les camps de concentration, ayant contracté différentes maladies non identifiées et, surtout, non soignées, en soit sorti vivant.
Il a pour lui, une grande faculté d'adaptation, une grande résistance physique et psychique.
J'éprouve pour lui, le narrateur, et ses compagnons d'infortune, une grande admiration.
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Gast 08 février 2011
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Manuscrit traitant du retour à la vie de Primo Levi après l'expérience ô combien anormale et inhumaine d'Auschwitz, ce témoignage démarre là où s'arrête "Si c'est un homme". Ainsi, lire les deux coup-sur-coup c'est vivre la descente aux enfers des camps et le retour progressif au sein des vivants après la déportation.
En un sens, ce texte et son prédécesseur sont utiles à mettre en parallèle avec le témoignage de Jorge Semprun, déporté politique à Buchenwald et qui fit de même dans "Le grand voyage" et "L'écriture ou la vie". On y discerne de grands points communs sur la barbarie nazie, sur le processus de déshumanisation, et aussi sur la manière dont la libération de l'esprit fut à ce point plus progressive et faite de petit détail, que celle du corps, immédiate et quelque peu teintée d'incrédulité. Mais d'un autre côté, ces deux témoignages montrent de manière évidente qu'il y eut un degré dans l'horreur vécu que l'on soit juif ou seulement un opposant politique ; deux horreurs, certes, mais celle de Primo Levi va un cran plus loin dans l'inhumain, dans l'abjection.
Néanmoins, et malgré un incipit terrifiant, plus infernal que l'année et demi à Auschwitz décrite dans "Si c'est un homme", ce texte devient vite joyeux, illustrant par là le rebond de la force vitale de ceux que les nazis voulurent effacer de la Terre, et la joyeuse pagaille d'une trêve dans les affaires du monde pour une époque savourant sa victoire sur la barbarie moderne.
Mais à l'instar de Baskets Avec Articles NikeAchat La De Marque Le Des Enfant Guide OPknw0X8Semprun, un texte qui malgré l'esprit festif qu'il décrit, démontre bien que l'accablement lié à la tragédie du lager perdure, et perdurera, tout au long de la vie de l'auteur, victime de cette haine contre nature.
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
VALENTYNE 10 mars 2018
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Le spectacle de la démobilisation russe que nous avions déjà admiré à Katowice se poursuivait maintenant sous une autre forme, jour après jour, sous nos yeux ; il n’y avait plus de chemin de fer, mais sur la route devant la Maison Rouge, on voyait passer d’ouest en est des lambeaux de l’armée victorieuse, en détachements compacts ou épars à toute heure du jour ou de la nuit. Des hommes passaient à pied, souvent avec leurs chaussures sur l’épaule pour économiser les semelles car la route était longue ; en uniforme ou sans uniforme, avec ou sans armes, certains chantant allègrement, d’autres blafards et épuisés. Certains portaient sur le dos des sacs ou des valises ; d’autres les objets les plus disparates, une chaise rembourrée, un lampadaire, des marmites en cuivre, une radio, une pendule. D’autres défilaient sur des charrettes ou à cheval, d’autres encore en moto, par groupes, ivres de vitesse, dans un fracas infernal. Des autocars Dodge de fabrication américaine passaient bourrés d’hommes jusque sur le coffre et sur les garde-boue. D’autres traînaient à une remorque toute aussi bondée. Nous vîmes une de ces remorques rouler sur trois roues : à la place de la quatrième on avait mis un pin, en position oblique, de façon qu’une extrémité appuie sur le sol en y glissant. Au fur et à mesure elle s’usait, on poussait le tronc un peu plus bas pour maintenir le véhicule en équilibre. Juste avant la Maison Rouge, un des trois pneus survivant s’affaissa ; les occupants, une vingtaine, descendirent, basculèrent la remorque sur le bord du chemin et s’entassèrent à leur tour sur l’autocar déjà bondé qui repartit dans un nuage de poussière tandis que tous criaient Hourra.

Puis, d’autres véhicules insolites, tous surchargés. Des tracteurs agricoles, des fourgons postaux, des autobus allemands anciennement affectés à des lignes urbaines qui portaient encore des plaques avec les noms des terminus de Berlin ; et d’autres au moteur en panne, remorqués par des engins motorisés ou par des chevaux.

Vers les premiers jours d’août, cette migration multiple commença à changer sensiblement de nature. Petit à petit, les chevaux commencèrent à l’emporter sur les moyens de traction mécanique. Une semaine plus tard il n’y avait plus qu’eux : la route leur appartenait. Ce devaient être tous les chevaux de l’Allemagne occupée, par dizaines de milliers chaque jour. Ils passaient interminablement, dans une nuée de mouches et de taons, dans une odeur forte, las, en sueur, affamés ; poussés et stimulés par les cris et les coups de fouet de jeunes filles, une par cent chevaux et plus, à cheval elles aussi sans selle, jambes nues, rouges et échevelées. Le soir, elle poussaient les chevaux dans les prairies et dans les bois sur les bords des routes pour qu’ils puissent paître en liberté et se reposer jusqu’à l’aube. Il y avait des chevaux de trait, des chevaux de course, des mulets, des juments avec leur poulain qui tétait, de vieilles haridelles ankylosées, des ânes ; nous nous aperçûmes bien vite que non seulement ils n’étaient pas comptés mais que leurs gardiennes ne se souciaient pas le moins du monde des bêtes qui quittaient la route fatiguées, malades ou estropiées, ou qui se perdaient durant la nuit. Il y avait tant et tant de chevaux ! Quelle importance s’ il en arrivait à destination un de plus ou un de moins ?

Mais pour nous, à peu près privés de viande depuis dix-huit mois, un cheval de plus ou de moins avait une énorme importance. Le premier à ouvrir la chasse ce fut, naturellement, l’homme de Velletri. Il vint nous réveiller un matin, ensanglanté de la tête aux pieds et tenant encore à la main l’arme élémentaire dont il s’était servi, un éclat d’obus attaché par des courroies au bout d’un bâton à deux pointes.

De l’enquête que nous menâmes (car il ne s’expliquait pas bien oralement) il résulta qu’il avait donné le coup de grâce à un cheval probablement mourant : le pauvre animal avait un aspect plutôt louche : ventre gonflé qui résonnait comme un tambour, bave à la bouche ; il devait avoir rué toute la nuit, en proie à Dieu sait quels tourments car, couché sur le côté il avait creusé avec ses sabots dans l’herbe deux profonds demi-cercles de terre brune. Mais nous le mangeâmes tout de même.

Par la suite plusieurs couples de chasseurs bouchers se constituèrent, qui ne se contentaient plus d’abattre les chevaux malades ou égarés, mais qui choisissaient les plus gras, les faisaient délibérément sortir du troupeau et les abattaient ensuite dans le bois. Ils agissaient de préférence aux premières lueurs de l’aube ; l’un couvrait d’un morceau de tissu les yeux de l’animal et l’autre lui assénait le coup mortel (quand il l’était) sur la nuque.

Ce fut une période d’absurde abondance : il y avait de la viande de cheval pour tout le monde, sans aucune limitation, gratuitement .

Tout au plus les chasseurs demandaient-ils pour un cheval abattu deux ou trois rations de tabac. Partout dans la forêt et, quand il pleuvait, dans les couloirs et sous les escaliers de la Maison Rouge on voyait des hommes et des femmes occupés à cuire d’énormes biftecks de cheval aux champignons sans lesquels, nous autres qui revenions d’Auschwitz, aurions tardé encore bien des mois à retrouver nos forces.
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Yggdrasila 29 août 2016
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J'avais tous les membres douloureux, le sang battait précipitamment dans mes artères et je sentais la fièvre monter. Mais ce n'était pas tout: comme si une digue s'était ouverte, juste au moment où toute menace semblait s'évanouir, où l'espoir d'un retour à la vie cessait d'être insencé, j'étais en proie à une douleur nouvelle, plus grande, enfouie d'abord aux frontières de la conscience sous d'autres douleurs plus urgentes: celle de l'exil, de la maison lointaine, de la solitude, des amis perdus, de la jeunesse enfuie et de la multitude de cadavres autour de moi.
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Nanne 06 janvier 2010
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C'est pourquoi, pour nous aussi, l'heure de la liberté eut une résonance sérieuse et grave et emplit nos âmes à la fois de joie et d'un douloureux sentiment de pudeur grâce auquel nous aurions voulu laver nos consciences de la laideur qui y régnait ; et de peine, car nous sentions que rien ne pouvait arriver d'assez bon et d'assez pur pour effacer notre passé, que les marques de l'offense resteraient en nous pour toujours, dans le souvenir de ceux qui y avaient assisté, dans les lieux où cela s'était produit et dans les récits que nous en ferions. Car, et c'est là le terrible privilège de notre génération et de mon peuple, personne n'a jamais pu, mieux que nous, saisir le caractère indélébile de l'offense qui s'étend comme une épidémie. Il est absurde de penser que la justice humaine l'efface. C'est une source de mal inépuisable : elle brise l'âme et le corps de ses victimes, les anéantit et les rends abjects [...].
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art-bsurde 10 septembre 2013
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Le comptable Ravi ne devait son poste de chef de camp ni à des élections à la base ni à une investiture russe, mais à une autonomination. Bien que de qualités intellectuelles et morales plutôt indigentes, il possédait dans une très large mesure la vertu qui, sous tous les cieux, est la plus nécessaire à la conquête du pouvoir, c'est-à-dire l'amour du pouvoir pour le pouvoir lui même.
P Cher oRétro Vente gt; Pas Max Air amp; PremiumFemme Nike 1 rdBCexo Assister au comportement d'un homme qui agit non selon la raison mais selon ses impulsions profondes est un spectacle d'un intérêt extrême, semblable à celui dont jouit le naturaliste qui étudie les activités d'un animal aux instincts complexes. Ravi avait conquis sa charge en agissant avec la spontanéité atavique de l'araignée qui construit sa toile ; car pas plus que l'araignée sans toile, Ravi ne pouvait vivre sans charge. Il avait tout de suite commencé à tisser : il était foncièrement sot et ne savait pas un mot d'allemand ni de russe mais dès le premier jour il s'était assuré les services d'un interprète, et cérémonieusement présenté devant le commandement soviétique en qualité de plénipotentiaire pour les intérêts italiens.
(...)
Avec une clairvoyance surprenante, c'est-à-dire en vertu d'une tournure d'esprit éminemment complexe et mystérieuse, il avait saisi l'importance, mieux, la nécessité de posséder un uniforme, du moment qu'il avait à faire avec des gens en uniforme. Il s'en était fabriqué un, assez théâtral mais non dépourvu de fantaisie, avec une paire de grosses bottes soviétiques, une casquette de cheminot polonais, une veste et des pantalons dénichés Dieu sait ou qui avaient un air fasciste, et peut-être l'étaient ; il avait fait coudre des écussons au col, des filets dorés sur la casquette, des grecques et des galons sur les manches et s'était couvert la poitrine de médailles.
Du reste, ce n'était pas un tyran ni même pas un mauvais administrateur. Il avait le bon sens de contenir les vexations, les concussions, les abus dans des limites modestes et il possédait pour les paperasses une vocation indéniable. Or, étant donné que les russes étaient curieusement sensibles au charme des paperasses (dont l'éventuelle signification rationnelle leur échappait toutefois) et semblaient aimer la bureaucratie de cet amour platonique et spirituel qui n'arrive pas à la possession et ne la désire pas, Ravi était toléré avec bienveillance, sinon véritablement estimé dans les milieux du commandement. En outre, il était lié par au capitaine Egorov par une paradoxale et incompréhensible sympathie chez ces misanthropes ; car l'un comme l'autre étaient des personnages tristes, graves, dégoûtés, dyspeptiques et dans l'euphorie générale recherchaient l'isolement.
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Aelinel 15 janvier 2017
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Le Grec avait changé d’humeur : peut-être avait-il un nouvel accès de fièvre ou, après les affaires satisfaisantes du matin, se sentait-il en vacances. Il se sentait même en veine de bienveillance pédagogique ; au fur et à mesure que les heures passaient, le ton de ses paroles se tempérait peu à peu et parallèlement le rapport qui nous unissait ne cessait de se modifier : de maître-enclave à midi, nous étions titulaire-salarié à une heure, maître-disciple à deux heures et aîné-cadet à trois. (P.54)
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